Lettre ouverte · Octobre 2026

Anglais : une compétence prioritaire pour l’emploi

Aux Ministres et aux Parlementaires, pour que les certifications en langues restent accessibles via le compte personnel de formation.

Une initiative collective ouverte aux organismes de formation, certificateurs, entreprises, professionnels et bénéficiaires de formations linguistiques.

1 222 signataires

Certificateurs Organismes de formation Formateurs de langues Titulaires de certification Entreprises Recruteurs, managers et RH Salariés et demandeurs d’emploi Fédérations et acteurs de la compétence Écoles et établissements d’enseignement Étudiants et citoyens

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Ce que disent les signataires

« L’anglais m’a permis d’accéder à des responsabilités que je n’aurais ps pu avoir autrement : suivi d’élèves étrangers, animation de groupes internationaux pr exemple. »
Nathalie C. Éducatrice · secteur Éducation et formation
« En tant que cheffe d’entreprise et professionnelle de la formation, je constate chaque jour combien l’anglais peut transformer un parcours professionnel, ouvrir des opportunités et renforcer les compétences des actifs. »
Organisme de formation
« Mes formations en anglais (et dans d'autres langues d'ailleurs) m'ont permis de monter en compétences et d'assurer des missions professionnelles que je ne pouvais pas accepter au préalable. »
Titulaire d’une certification en langues
« Le monde étant de plus en plus international, une formation d’anglais doit être prioritaire pour garantir la compétitivité de nos salariés. »
Marc Schnepf Directeur de centre
« Au quotidien, je vois des adultes de tout âge qui ont besoin de l'anglais. L'anglais ouvre des portes et est indispensable à beaucoup de métiers à tout niveau et dans tous les secteurs. »
Carine H. Formateur ou formatrice de langues
« Les compétences linguistiques constituent aujourd'hui un levier essentiel d'employabilité, de mobilité professionnelle et d'évolution de carrière »
Emmanuel Fays Directeur
« Ma certification me permet d'échanger avec les clients de la structure. »
Fatima El Halim Educateur sportif · secteur Éducation et formation
« En pensant à mon métier, hotesse de l'air, si une évacuation a lieu, elle est très souvent faite en anglais. »
Emmanuelle D. Hotesse de l'air · secteur Aéronautique, spatial et défense
« Une vraie opportunité s'est offerte à moi de profiter d'une formation grâce au dispositif CPF. »
Pauline C. Directrice communication & publics · secteur Médias, culture et communication
« L'anglais m'a permis de retrouver un travail »
Marie Destruel Commerciale · secteur Commerce et distribution
« L’anglais est indispensable dans mon travail afin de mieux communiquer, d’orienter et de répondre aux besoins des patients/clients anglophones. »
Elais D. secteur Santé, pharmacie et médico-social
« L'anglais est aujourd'hui une langue quasi indispensable pour évoluer au sein d'uns structure. »
Teddy B. Consultant · secteur Conseil et services aux entreprises
« Les stagiaires souhaitant évoluer professionnellement en dehors de leur entreprise actuelle ne pourront pas solliciter leur employeur pour financer le reste à charge. »
Organisme de formation
« Beaucoup se sentent bloqués et estiment ne pas avoir les compétences pour accepter un poste où il faut échanger avec des interlocuteurs non francophones. »
Sophie Meunier — English Hero Enseignante

Madame la Ministre, Monsieur le Ministre,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Certaines compétences ne mènent à aucun métier en particulier, parce qu’elles servent dans presque tous. Les langues étrangères en font partie, principalement l’anglais : pour le technicien qui lit une documentation, l’infirmière qui accueille un patient étranger ou le commercial d’une PME qui exporte, c’est un outil de travail.

L’article 89 du projet de loi de finances pour 2027 prévoit de majorer la participation des actifs au CPF, sauf lorsque la formation conduit « directement à l’exercice de métiers » en tension ou relevant de secteurs prioritaires.1 L’intention, orienter l’argent public vers ce qui sert l’emploi, est légitime, et nous la partageons. L’évaluation préalable précise que la réforme vise à « cibler la dépense sur les formations à objectif professionnel ».1 Mais appliqué tel quel, ce critère pénalise précisément les compétences utiles dans presque tous les métiers. Parce qu’elles ne mènent pas à un seul d’entre eux, les certifications en langues risquent de ne bénéficier d’aucune exemption.

Une compétence que le marché du travail exige

Selon France Travail, l’anglais « reste la langue la plus prisée des recruteurs » et environ une offre d’emploi sur dix publiée en France en exige la maîtrise.2 Un tiers des entreprises interrogées dans une enquête conduite avec le ministère de l’Éducation nationale et le Céreq déclaraient peiner à recruter des candidats ayant le niveau de langue requis.3 L’Union européenne range d’ailleurs le multilinguisme parmi les huit compétences clés pour l’éducation et la formation tout au long de la vie,4 et la France, qui a attiré 1 878 décisions d’investissement étranger en 2025,5 a tout intérêt à disposer d’actifs capables de travailler en anglais. Les former, c’est investir dans l’attractivité du pays.

Les actifs l’ont compris

En 2025, les langues représentaient 130 400 dossiers, soit 11 % du total, au troisième rang des domaines financés par le CPF ; deux certifications d’anglais figuraient parmi les dix certifications les plus souscrites.6 Les actifs investissent donc déjà leurs droits dans les langues : la demande existe, et c’est elle que la majoration viendrait freiner.

Une compétence inégalement répartie

Près d’un actif sur trois utilise une langue étrangère dans son travail, et pour 84 % d’entre eux il s’agit de l’anglais, selon le CRÉDOC.7 Cette pratique reste pourtant largement réservée aux diplômés : 47 % des diplômés du supérieur l’utilisent, contre 14 % des non-diplômés. Et parmi les actifs qui n’ont pas dépassé le baccalauréat et qui s’en servent, plus de la moitié disent ne pas être à l’aise.7 Les actifs les moins diplômés sont donc ceux qui ont le plus à gagner d’une formation, et le CPF est l’un des moyens dont ils disposent pour y accéder. Renchérir l’accès aux certifications en langues reviendrait à élargir cet écart.

Le coût du renoncement

Depuis avril 2026, chaque formation financée par le CPF suppose déjà une participation de 150 €,8 à laquelle pourraient s’ajouter jusqu’à 200 €.9 Le Gouvernement retient lui-même un taux de renoncement de 30 % pour les actifs hors demandeurs d’emploi, et admet que ses 350 millions d’euros d’économies viendront d’une majoration des contributions ou, « à défaut, par une éviction de ces catégories de personne ».10 Le cofinancement ne protège qu’une minorité de titulaires : il n’a couvert que 4,1 % du coût du CPF depuis son lancement, et le Sénat avertit que réguler la demande « risque de susciter un non-recours précisément chez les personnes qui ont le plus besoin de formation ».11

Ce que nous demandons

  1. Reconnaître l’anglais, et plus largement les langues étrangères, comme une compétence stratégique pour l’emploi et la compétitivité de la France.
  2. En conséquence, exonérer de la majoration les certifications professionnelles en langues étrangères. L’article cite ces secteurs « notamment » et confie la liste des certifications retenues à un arrêté : les langues peuvent y être inscrites.

Défendre l’accès aux langues étrangères, et d’abord à l’anglais, c’est ouvrir des emplois aux actifs et des marchés internationaux aux entreprises françaises. L’anglais ne prépare pas à un seul métier : c’est une compétence essentielle à l’exercice d’une multitude de professions. Sa portée transversale devrait donc être un argument en faveur de son exonération, et non un motif d’exclusion.

Nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, l’expression de notre haute considération.

Les signataires

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Ce qu’en disent les signataires, métier par métier

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Sources


  1. Assemblée nationale, projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, article 89 (pp. 733 à 734)et évaluation préalable de l’article (§ 1.4, p. 736). Texte · Dossier législatif · Évaluation préalable (PDF) ↩ ↩

  2. France Travail, « Vous parlez anglais ? Professionnalisez-vous ! ». francetravail.fr ↩

  3. Synthèse du rapport « Langues et employabilité » (ministère de l’Éducation nationale, CIEP, Céreq-IREDU, Onisep, CCI France), juin 2015, p. 4. Enquête de 2014 auprès de 801 entreprises. cereq.fr (PDF) ↩

  4. Commission européenne, « Compétences clés » (recommandation du Conseil de 2018). education.ec.europa.eu ↩

  5. Business France, bilan des investissements internationaux en France, communiqué du 29 janvier 2026. businessfrance.fr (PDF) ↩

  6. Caisse des Dépôts, « La formation professionnelle financée par le CPF en 2025 », QPS – Les brèves n° 41, juillet 2026, p. 3. caissedesdepots.fr (PDF) ↩

  7. CRÉDOC, enquête « Conditions de vie et aspirations » (décembre 2021 à janvier 2022), pour la DGLFLF, ministère de la Culture, synthèse de mai 2022, pp. 6 à 8. culture.gouv.fr (PDF) ↩ ↩

  8. Service-Public.fr, participation obligatoire au CPF, mise à jour du 2 avril 2026 (décret n° 2026-234 du 30 mars 2026). service-public.gouv.fr ↩

  9. Mon Compte Formation, « Évolution des règles d’utilisation du CPF à compter du 2 octobre 2026 ». moncompteformation.gouv.fr ↩

  10. PLF 2027, évaluation préalable de l’article 89, § 4.1.1 (p. 739) : la mesure « est susceptible [...] d’accroître des renoncements aux formations » ; § 4.2.1 (p. 740) : « une majoration des contributions individuelles [...] ou, à défaut, par une éviction de ces catégories de personne » ; § 4.3 (p. 741) : « Le taux de renoncement est logiquement supérieur, à 30 %, compte tenu du niveau plus élevé de participation demandé ». assemblee-nationale.fr (PDF) ↩

  11. Sénat, commission des finances, « La régulation du compte personnel de formation », rapport d’information n° 887 (2025-2026), juillet 2026. senat.fr ↩